Jugeant le bilan des activités réalisées en commun satisfaisant, les trois parties se sont accordées sur les nouvelles priorités de collaboration à Montpellier.
L’introduction de la vigne au Cameroun en vue de diversifier à terme les sources de revenus des populations en zones rurales, la promesse de l’appui technique de l’Agence Nationale de la Recherche (ANR) dans la perspective de la création d’une Agence Nationale de la Recherche au Cameroun et l’appui de l’Agence Française de Développement (AFD) à travers l’inscription de la recherche scientifique dans les financements du Contrat Désendettement-Développement (C2D) au Cameroun sont les grandes retombées de la dernière visite du Ministre de la Recherche Scientifique et de l’Innovation à Montpellier en France dans le cadre de la 19ème réunion de concertation entre le Ministère de la Recherche Scientifique et de l’Innovation, le Centre de Coopération Internationale en Recherche Agronomique pour le Développement (CIRAD) et l’Institut de Recherche pour le Développement (IRD) ; deux organismes français de recherche en coopération officiant au Cameroun.
Au cours des assises de Montpellier, les trois parties se sont accordées respectivement sur les nouvelles orientations de leur collaboration, l’état d’avancement des programmes de recherche en cours de réalisation, les perspectives de nouveaux programmes et les moyens nécessaires pour leur mise en œuvre.
Les premiers échanges ont porté sur la coopération entre l’IRD et le MINRESI. Cette coopération est axée essentiellement sur quatre thématiques à savoir : La santé (maladies émergentes, paludisme, filariose, maladie du sommeil, VIH/SIDA et maladies maternelles), les ressources en eau, les changements climatiques et les écosystèmes. Le bilan des activités menées depuis 2004 est satisfaisant, les engagements pris par les deux parties jusqu’à 2007 ont été largement respectés. 50% des activités de recherche sont réalisés dans le domaine de la santé en collaboration avec l’IMPM (CRESAR) où de nombreux résultats ont été obtenus et la découverte du réservoir du virus VIH/SIDA chez des singes dans le bassin du Congo en est un des plus saillants. L’implication des universités camerounaises dans les projets en partenariat avec l’IRD est remarquable. L’exécution des projets en cours va se poursuivre pendant les trois prochaines années. Des nouveaux thèmes de recherche portant sur la fertilité des sols, les plantes à énergie en l’occurrence le jatropha, la lutte contre les parasites de la banane, l’agroforesterie, la sécurisation des lacs Nyos et Monoun, l’eau potable dans les villes, l’amélioration des conditions d’habitat, la sociologie des tribus minoritaires comme les pygmées et l’adoption des résultats de recherche font l’objet de nouveaux projets.
En outre, les deux parties se sont félicitées du nombre élevé des soumissions (19) des chercheurs camerounais répondant aux appels d’offres relatifs aux programmes de recherche Aires-Sud et CORUS 2007 en cours de traitement.
L’analyse des actions de coopération entre le MINRESI et le CIRAD a permis d’identifier les axes de convergence dont les points d’ancrage sont entre autre, le programme Pôle de Compétence en Partenariat (PCP/REPARAC) qui a pour objectif l’intégration multi-institutionnelle sur le plan national. Il en est de même pour le projet Pôle de Recherche Appliqué au Développement des Savanes d’Afrique Centrale (PRASAC/ARDESAC) ; projet à caractère régional actuellement en pleine mutation dans le giron de la CEMAC. Ce projet gère la programmation scientifique des projets CRUROR/AC (Conférence des Recteurs des Universités et des Responsables des Organismes de Recherche d’Afrique Centrale). Les deux parties se sont accordées pour accélérer leur collaboration dans l’exécution des programmes en cours notamment le Palmier à Huile, le Coton, la Foresterie, le Cacao, le Café, les Fruitiers et Maraîchage, l’Aquaculture et la santé animale. Elles se sont aussi engagées à renforcer les capacités des ressources humaines, à intensifier la recherche des financements, la définition de nouveaux axes de recherche et la mise en place de l’expertise nécessaire pour leur mise en œuvre. Dans cette optique, le CARBAP pourrait connaître une diversification de ses bailleurs de fonds grâce à son nouveau statut de centre de recherche d’excellence de la CEMAC. Bien plus, une attention particulière sera accordée à la question de chlordecone, pesticide utilisé dans le traitement des bananeraies et dont les effets sont de plus en plus décriés. La filière Palmier à Huile notamment la relance des activités du Centre de Recherche sur le Palmier à huile de la Dibamba ayant bénéficié d’une évaluation satisfaisante par des experts du CIRAD au cours de l’année 2007 et le projet de relance de cette filière sur les fonds PPTE étant en cours, les deux parties ont convenu de l’introduction du coton OGM, de la recherche des financements pour le laboratoire de technologie de coton et du renforcement de l’effectif des chercheurs dans la zone cotonnière. De nouveaux domaines de recherche à l’instar de la bioénergie et de la vitiviniculture ont retenu l’attention du CIRAD et du MINRESI qui pour la mise en place feront appel aux compétences nécessaires.
Le Dr Madeleine Tchuinté était à la tête d’une délégation forte de huit membres parmi lesquels le Directeur Général de l’Institut de Recherche Agricole pour le Développement (IRAD) Dr Simon Zok, le Directeur de l’Institut de Recherches Géologiques et Minières (IRGM) Dr Joseph Victor Hell, le Directeur de l’Institut de Recherche Médicale et d’Etudes des Plantes Médicinale (IMPM), Pr Jean Louis Essamé Oyono, le Chef du Centre National d’Education (CNE), Dr Elizabeth Tamajong, le Chef de la Division des Politiques Scientifiques et de la Planification au MINRESI, Dr Daniel Ngou Ngoupayou, le Chef de la Division de la Vulgarisation et de la Valorisation des Résultats de la Recherche au MINRESI, Dr Godfroi Ngima Mawouong et le Chef de la Division de la Coopération Scientifique et Technique, Thomas Dongmo.